Balade moto tout-terrain en XT1200Z

A quoi bon avoir un ( gros ) trail si c’est pour ne rouler que sur le bitume ?

Ça me démangeait depuis déjà un moment d’aller poser mes roues à rayons hors des routes bien goudronnées. Le hasard faisant bien les choses, l’un de mes collègues qui vient d’acheter une vieille GS me raconte un lundi matin qu’il a passé son samedi sur des sentiers de montagnes ouverts aux véhicules à moteur.
Honnêtement, avec tous les lobbys écolos, je ne savais même pas que ça existait encore dans le département !

Autant vous dire que j’ai glané toutes les infos que je pouvais et que le week-end suivant, j’organisais ma première balade pseudo tout-terrain en XT1200Z :-).

Équipé de quelques outils, de vêtements chauds ainsi que de quoi boire et manger, me voici parti.
N’ayant ni carte ni GPS ne sachant gérer autre chose que des routes bien goudronnées ( et encore…), je me projette mentalement les traces récupérées de mon collègue. Ça devrait le faire !

Je me lève de bonne heure et enquille directement l’autoroute jusqu’à Vintimille l’histoire de gagner du temps que je pourrai consacrer ensuite aux pistes de la « Vallée des Merveilles ».
Située à cheval entre la France et l’Italie, le début de la « piste de l’amitié » se situe peu après la commune de La Brigue.

Sauf que, comme d’habitude, je me suis encore gouré de chemin. J’ai bifurqué trop tôt et pris une piste que je n’aurais pas dû.
Franchement en voyant comment c’était raide et défoncé, j’aurais pu me douter que ça ne pouvait pas être ça…mais bon…j’y suis allé et j’en ai chié !!

Pour ma première sortie « tout-terrain » avec le Super Ténéré chargé, j’ai clairement foiré en beauté en attaquant direct ce chemin bourré de caillasses et d’ornières, qui n’en finissait pas de grimper et de tournicoter.
Le témoin de l’anti-patinage clignotait frénétiquement à chaque remise des gaz, et moi je transpirais à grosses gouttes. Ça grimpait tellement que j’ai eu du mal à trouver un endroit où m’arrêter pour souffler un peu sans risquer de chuter. Il fallait constamment maintenir les gaz pour continuer d’avancer !

En faisant le point sur ma situation, je m’aperçois qu’il me reste 13 km à faire pour rallier le poste de contrôle qui marque l’entrée sur la piste du Marguareis dont m’a parlé mon collègue. Putain 13km comme ça ??!!
Le doute m’a vraiment envahi, je ne savais pas réellement où j’allais mais en même temps je n’avais vraiment pas envie de redescendre ce que je venais de grimper dans la douleur.

Et là, l’homme de la situation débarqua de nul part. Un promeneur du cru, super sympa au demeurant, m’indique que je suis à environ 500m de l’embranchement avec la piste de l’amitié qui elle est en bien meilleur état. Hourra, sauvé !

Effectivement, quelques minutes après j’étais sur la fameuse piste. A côté du sentier que je venais de m’envoyer, cette piste était aussi clean qu’un circuit de MotoGP !

Un panneau indique La Brigue à gauche, donc en prenant à droite je devrais aller dans la bonne direction. Je croise un cycliste sorti tout droit du tour de France, avec maillot et vélo de course typé route. Je me demande vraiment ce qu’il fout là, il doit en chier le pauvre.
Lui aussi en fait se demande ce qu’il fout ici. C’est un italien encore plus paumé que moi qui me demande si le bitume est encore loin. LOL ! Mais d’où sort-il ?! Ya pas de foutue route à moins de plusieurs kilomètres à la ronde !

J’essaie de l’aider comme je peux avant de reprendre ma « route ».

La piste est sympa, une alternance de passages en forêt et de flanc de montagnes ou le minéral est roi. Je roule, je commence à prendre confiance et à m’amuser. Je passe l’anti-patinage en mode « offroad » pour laisser un peu plus de place au fun ;-).

La position debout devient de plus en plus instinctive au fil des kilomètres. Les décors sauvages sans aucune route ni habitation à l’horizon contribuent à l’évasion. Ça devient tellement rare dans cette belle région !

Je ne croise pas grand monde, tout juste un mec en 4×4 et deux types en enduro, bécane qui semble bien plus adaptée que la mienne au vu du choix que j’ai fait au précédent croisement.
Oui, j’ai pris à gauche…le sentier qui semble monter vers la cime de la montagne. Le choix me parait cohérent géographiquement parlant, mais la suite du sentier ayant clairement été directement taillée dans la roche, les suspensions de mon brave XT1200Z ont du boulot pour réussir à préserver ma carcasse.

Je rebondis littéralement de pierre en pierre mais encore une fois, maintenir les gaz me parait moins risqué que de tout passer au ralenti.
Parfois j’entends les pierres cogner ou frotter sur le sabot moteur et je m’attends d’une minute à l’autre à entendre l’un de mes pneus éclater…mais non rien. A moins que ça soit la suspension qui lâche d’abord ?

Non, décidément les japonais ont vraiment fait du bon boulot. La Super Ténéré ne bronche pas et encaisse sans sourciller, le tout dans un confort incroyable. Presque moins chaotique que les routes de Cannes ou d’Antibes ;-).

Je salue aussi la performance de mes pneus Michelin Anakee 3, pourtant plus typés route que TT. Ils ont parfaitement tenu le « pavé » alors qu’il avait pourtant bien plu la veille.

Après avoir franchi le Pas du Tanarel, un italien en quad me confirme que je vais dans la bonne direction. Il suffit de prendre le chemin qui me fait face et quelques kilomètres après j’arriverai au poste de contrôle de la piste du Marguareis :-).

Passé quelques moutons, me voici effectivement devant le guichet du garde barrière.

Cette piste n’est ouverte à la circulation motorisée que quelques mois dans l’année, et durant ces quelques mois, que certains jours. Ah oui, et puis un nombre limité d’usagers est accepté simultanément. Faut donc bien calculer son coup si l’on souhaite aller rouler dessus ! ( mise à jour du 08/09/2017 : il faut maintenant carrément réserver son passage ! Plus d’infos sur http://www.tendemerveilles.com/toutes-les-actus/136-piste-du-marguareis.html ).
L’accès est payant, a priori pour en financer l’entretien. A 10€ le ticket d’entrée pour la bécane et 15€ pour les caisseux, ça m’étonne que Vinci ne se soit pas déjà intéressé à l’affaire…

ticket

Bref, je tend mon billet au type qui tente de m’expliquer quelque chose pour justifier de ne pas me laisser passer.
Lui ne parlant que l’italien et moi n’ayant pas bien suivi mes cours de latin à l’école ( au grand désarroi de mon père ), j’arrive bon an mal an à piger qu’un convoi de 4×4 doit prendre la piste en sens inverse mais que comme celle-ci n’est pas assez large pour croiser, il faut attendre que le convoi soit arrivé pour que je puisse emprunter la piste à mon tour.

Entre temps un groupe de motards arrive. Eux parlent italien et après discussion avec le garde barrière m’apprennent que le convoi sera là d’ici une demi heure.
Niquel, ça me donne l’occasion de manger un morceau et de laisser un peu reposer la moto qui a pas mal chauffé du fait de jongler constamment entre le 1er et le 2ème rapport.

Ça me permet aussi de discuter avec mes copains éphémères de virée: des italiens, des allemands et des suisses malheureux ( l’un a chuté avec son XT1200Z et son carter n’a pas apprécié la rencontre avec une pierre ). J’aime ces moments de partages toujours enrichissants.

Les 4×4 arriveront plus d’une heure après… « l’heure italienne » souligna judicieusement l’un des allemands.

Nous prenons enfin la piste, je laisse les pros passer devant mais finalement j’arrive à les suivre un moment avant de m’arrêter pour faire quelques photos.

A ma droite, le vide. A ma gauche, le flan de la montagne. Tout droit, un nuage à traverser :-). J’aime ça, j’adore ça !

Je prends un pied fou avec le Super Ténéré, c’est impressionnant à quel point j’ai vite pris mes marques dessus en tout-terrain.
Néanmoins je reste prudent car certaines portions ne laissent absolument pas le droit à l’erreur, sauf peut-être si vous avez emporté votre parachute avec vous.
Ce n’est pas pour rien que cette piste est référencée sur dangerousroads.org ;-).

Un peu comme lorsque je plonge, mon esprit est totalement captivé par l’environnement dans lequel je me trouve. Vidé de toute préoccupation, je savoure à pleine poignée ce moment de communion avec la moto, la nature et les éléments ( un beau nuage de pluie bloqué contre la paroi d’une montagne ).

Je fini par atteindre le fort Central qui marque mon arrivée au col de Tende ( le vrai hein, pas la belle route qui passe par le tunnel quelques centaines de mètres plus bas 😉 ).

Ce fort a été construit par l’Etat italien entre 1881 et 1885 suite à la cession du comté de Nice à la France. Le but était de réaliser une ligne de fortifications dont le fort Central en est le fort principal. Il est appuyé par cinq autres forts : fort Pernante, fort de Giaure, fort de la Marguerie, fort Pépin et fort Tabourde.

Il est déjà 16h30 et je n’ai finalement fait que la moitié de la boucle que j’avais prévu. Je me sens bien mais ne sachant pas si j’arriverai à boucler l’autre moitié avant que la nuit ne tombe, je décide d’être raisonnable et de reprendre la route ( bitumée ) du retour.

Je me suis tellement habitué à la piste que les premiers tours de roues sur le macadam en sont déstabilisants !

Je ne suis même pas encore rentré chez moi que je pense déjà à la prochaine sortie pour boucler ce tour. Ceci dit, il ne faudra pas trop tarder car vers Tende, l’hiver arrive plus vite que sur la côte…

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